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Les GloubinsJEUNESSE

Les Gloubins

Ils ont bouffé Paris, roman d’aventure humoristique pour enfants dès 8 ans, Tome 1

À l’école Victor-Hugo, M. Bricolo a une règle : la science n’est jamais dangereuse. Ce matin, son expérience la plus extraordinaire vient de réveiller la matière vivante. Lucas, onze ans, le plus petit de la classe, trouve dans la cave une petite boule de poils grise avec deux grands yeux. Elle s’appelle Glouby. Elle adore les pommes. Surtout, elle ne doit manger rien d’autre. Quand la mousse blanche envahit l’école et que des dizaines de Gloubins affamés grandissent à chaque bouchée, il ne reste plus que quelques heures pour sauver Paris. Un roman d’aventure drôle, rapide et plein de créatures attachantes, pour les lecteurs de 8 à 12 ans qui aiment rire et se faire peur.

ROMAN JEUNESSE
HUMOUR
AVENTURE
8-12 ANS

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AVERTISSEMENT

Ce livre raconte des faits qui se sont réellement produits.

Les noms n'ont pas été changés. Les lieux non plus. Les chiffres sont exacts.

Les autorités ont longtemps demandé que cette histoire ne soit pas publiée.

Elles ont fini par accepter, à une condition : que le lecteur soit prévenu d'une chose.

Si vous voyez une petite boule de poils grise avec deux grands yeux, ne lui donnez rien à manger.

Absolument rien.

Chapitre 1 – Le verre de monsieur Bricolo

L'école Victor-Hugo était une école comme les autres. Des murs un peu jaunes, une cour un peu grise, et une cantine où les betteraves avaient toujours le goût de la betterave de la veille.

Mais ce matin-là, rien n'était comme les autres.

Dans la classe de CM2, les élèves étaient assis en arc de cercle. Devant eux, sur la paillasse, leur instituteur M. Bricolo s'affairait autour d'un montage de tubes et de fioles qui ressemblait à une fusée renversée.

M. Bricolo n'était pas un instituteur ordinaire. Cheveux en bataille, lunettes qui glissaient sur son nez, et une blouse blanche couverte de taches de toutes les couleurs. Aucune n'était le résultat d'une expérience. C'étaient ses restes de repas.

— Mes chers petits chimistes, annonça-t-il en agitant un tube bleu fluo, aujourd'hui, l'expérience la plus extraordinaire de toute l'année !

Au fond de la classe, assise sur une chaise trop petite, la directrice Mme Raide surveillait. Elle n'avait pas confiance en M. Bricolo. Pas depuis qu'il avait fait exploser le réfrigérateur de la salle des profs en essayant de cristalliser un yaourt nature.

— Monsieur Bricolo. Le règlement interdit toute expérience dangereuse.

— Dangereuse ? Madame la directrice, la science n'est jamais dangereuse. Elle est vivante !

Il versa le bleu dans un verre de poudre blanche. Ça bouillonna. Une fumée violette monta vers le plafond.

— Ooooh, firent les enfants.

— Et maintenant, dit M. Bricolo en ajoutant une goutte d'un liquide transparent, regardez bien.

Le mélange s'illumina. Une lueur verte, douce, éclaira la classe pendant trois secondes.

Puis plus rien.

— C'est fini ? demanda une voix au premier rang.

Lucas Berger avait onze ans, une tête de moins que la plupart de ses camarades, et une place au premier rang qu'il occupait depuis la maternelle sans que personne lui ait jamais demandé son avis.

Il ne levait jamais la main pour répondre. Il la levait pour demander, ce qui est très différent et beaucoup plus fatigant pour un instituteur.

— Non, mon ami. Ça ne fait que commencer.

Il trempa une baguette dans le liquide et dessina un cercle sur une feuille de papier. La trace brilla, puis disparut.

— Vous venez de voir un mélange qui réveille la matière vivante, dit-il fièrement. En clair : ça rend les choses plus sensibles.

Mme Raide se leva d'un coup.

— Plus sensibles à quoi ?

— À tout ! Aux vibrations. Aux sons. C'est un dérégulateur cellulaire !

— C'est interdit.

Elle traversa la classe, saisit le verre encore tiède et le lui colla dans les mains.

— Vous jetez ça immédiatement. Et ce soir, vous réfléchirez au mot « responsabilité ».

M. Bricolo baissa la tête. Il regarda l'évier de la classe. Bouché depuis Noël, sous une montagne de marc de café et de restes de goûter. Il y avait même une chaussette dedans. Personne n'avait jamais su pourquoi.

— Je vais le jeter dehors, murmura-t-il.

Il sortit dans la cour. Il traversa le préau. Il s'approcha du vieux marronnier qui trônait au milieu, celui qui avait vu passer trente générations d'élèves.

La récréation n'était pas pour tout de suite. Personne ne regardait.

Il pencha le verre au-dessus de l'herbe, là où les racines affleuraient.

Plouf.

Le liquide bleu-vert s'infiltra dans la terre. Quelques bulles remontèrent.

Et dans l'herbe, quelque chose bougea.

M. Bricolo se pencha.

C'était une bête minuscule. Un petit animal gris, rond, à peine plus gros qu'un pois, du genre qu'on trouve sous les pierres et qu'on n'a jamais vraiment regardé de sa vie. Elle était trempée. Elle ne bougeait presque plus.

Puis elle ouvrit deux petits yeux noirs.

M. Bricolo recula d'un pas.

— Ce n'est rien, dit-il tout haut, à personne. C'est un insecte.

Ce n'était pas un insecte.

Il rentra en classe, la conscience tranquille. Après tout, c'était juste un peu de chimie dans l'herbe. Qu'est-ce que ça pouvait faire ?

Ce soir-là, l'école ferma ses portes. M. Bricolo rangea sa blouse. M. Verdoux le gardien verrouilla le portail. Mme Raide éteignit la lumière de son bureau.

Dans la cour, l'arbre était silencieux.

Mais sous son écorce, quelque chose grignotait.

D'abord une entaille. Puis un trou. Puis une branche entière qui tomba avec un bruit mou.

La bête n'était plus grosse comme un pois.

Elle avait faim.

Elle grignota encore. Et encore. Et encore.

— Fin de l'extrait —